Je m'adonne aisément au snobisme, qui est une science damable mais légère, mais assurément l'arrogance est une trivialité dont je suis incapable.

Je m'adonne aisément au snobisme, qui est une science damable mais légère, mais assurément l'arrogance est une trivialité dont je suis incapable.

"Il souffrait de mélancolie. Tu sais ce que c'est la mélancolie? Tu as déjà vu une éclipse? Eh bien c'est ça : la lune qui se glisse devant le c½ur, et le c½ur qui ne donne plus sa lumière. La nuit en plein jour. La mélancolie c'est doux et noir. "

Dopée depuis mon enfance aux discours névrosés d'une mère désillusionnée, j'ai toujours été habitée de réflexions mélancoliques sur la vie. Elles ont peu à peu inondé mon existence d'un spleen pérpetuel. Sa présence, sans m'empoisonner, m'emplissait d'un lyrisme destructeur. Dans chaque chose, je tentais de dépister avec un cynisme éhonté la teneur en chimères insidieuses. C'était une sorte de rébellion devant le cours impétueux de la vie et les impératifs de l'enfance.
Mais aujourd'hui les choses ont changé : devant mon innoncence révolue et l'âpreté des moeurs, une gravité naissante, prodrome de l'âge adulte, s'est érigée sur la trame de ma vie. Avec elle, ma mélancolie s'est vivifiée, se transformant en véritable angoisse.
Mon seul échappatoire n'a jamais été que la perspective mille et une fois explorée de mon avenir où je cristallise toutes mes voeux inassouvis. Je suis une fugitive, à travers le mensonge et ma timidité, j'espère échapper au temps qui m'enserre, à la réalité qui m'oppresse. L'existence que je mène est un fardeau que je ne supporte que par la promesse d'une aube nouvelle, une vie merveilleuse, que le destin me doit par les peines subies dans l'adolescence. Je vis un supplice qui s'exhale rien que par le rêve. Mais le supplice s'éternise et le rêve ne sourd jamais. Je suis une sorte de Madame Bovary du XXIème siècle. Alors il faut agir. Cesser de vivre dans le fantasme d'un avenir inaccessible, mais s'immerger dans une réalité prosaïque et cruelle.

# Posté le samedi 25 avril 2009 19:18

Modifié le samedi 14 novembre 2009 12:09

Les apparences sont trompeuses, même si je me livre davantage aux délires adolescents, je n'ai rien oublié de mes audaces et de mes précieux desseins.

Les apparences sont trompeuses, même si je me livre davantage aux délires adolescents, je n'ai rien oublié de mes audaces et de mes précieux desseins.
robe Isabel Marant


Life's a bitch and then you die, so fuck the world and let's get high.

# Posté le lundi 02 février 2009 08:33

Modifié le dimanche 15 novembre 2009 10:58

Seules les nécessités sociales pour lesquelles je suis conditionnée m'apportent des joies convenues et attendues, sommaires et éphémères. Les seules à ma portée.

 Seules les nécessités sociales pour lesquelles je suis conditionnée m'apportent des joies convenues et attendues, sommaires et éphémères. Les seules à ma portée.

J'exerce la futilité à son paroxysme, jusqu'à absoudre ma sensibilité exacerbée.

Pour pallier l'âpre désillusion de l'adolescence, je me suis enrôlée dans un monde qui ignore la raison au profit de l'esthétisme. Cet engouement pour le superbe me plonge dans un univers de futilités qui me nimbe d'une allégresse trompeuse. Ayant depuis toujours l'allure discrète et pleine de retenue de l'enfant modèle, mon libertinage est facilement dissimulable. Je m'adonne à des plaisirs prohibés pour oublier l'angoisse qui m'étreint. Je déchante.

# Posté le jeudi 29 janvier 2009 15:15

Modifié le samedi 21 novembre 2009 08:58

Esclave des apparences, jusqu'à haïr tout ce qui échappe à l'Insolente Beauté.

Esclave des apparences, jusqu'à haïr tout ce qui échappe à l'Insolente Beauté.
PARISIENNE.

Je suis attirée par les existences tamisées, les âmes flagellées qui se dissimulent dans des écrins luxueux et secrets. J'aime les atmosphères pluvieuses et semi-obscures, là où la mélancolie est harmonie et non discorde. Malgré mon allure hautaine, je n'ai qu'une envie, celle d'échapper aux hymnes prosaïques des béotiens. L'adolescence m'impose des fréquentations inintéressantes avec des êtres insipides et bornés. Malgré mon dégoût pour la cruauté et l'ignominie des m½urs, je ne déroge pas à la règle et me laisse enrôler, sans grande conviction toutefois, retenue par une lucidité grâce à laquelle je prends conscience de la stupidité ambiante. L'égoïsme et l'exigence, envers les autres comme moi-même, me pousse à la misanthropie. Je veux être une femme libre, je ne veux pas gâcher la beauté de l'existence avec ces cons. Je trouve mon assouvissement dans la solitude, dans la contemplation de mon âme, comme ici, ou simplement dans des envolées lyriques parisiennes. De nature extrêmement pudique devant chaque immixtion dans mes pensées, je fait figure de sauvageonne inaccessible et froide, pourtant je suis ardente d'espoirs, d'ambitions et de considérations lyriques sur l'existence.

# Posté le samedi 31 janvier 2009 11:47

Modifié le samedi 14 novembre 2009 16:52

Dans mon existence s'élève déjà la grâce ténue des errances mélancoliques de bachelette égarée.

Dans mon existence s'élève déjà la grâce ténue des errances mélancoliques de bachelette égarée.

"Le premier devoir dans l'existence, c'est d'être aussi artificiel que possible.
Ce qu'est le second, personne ne l'a encore découvert."

# Posté le samedi 31 janvier 2009 10:02

Modifié le samedi 14 novembre 2009 12:24